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Cocaïne, cannabis, LSD, héroïne… Ces drogues procurent à court terme un sentiment de bien-être très tentant. Mais l’envers du décor est moins rose ! L’euphorie des premiers instants fait vite place à la dépression. Pour atténuer cet effet pervers, une nouvelle prise de drogue devient nécessaire et le piège de la dépendance se referme.
Ces drogues « traditionnelles » ne sont pas les seules à rendre accro. De nouveaux « paradis artificiels » ont envahi notre quotidien : jeux en ligne, Internet... Ils sont d’autant plus dangereux qu’on a plus de mal à les identifier. La SMERRA vous aide à faire le point sur ces drogues et sur les moyens d’y échapper. Car, quelle que soit l’addiction, il est toujours possible de s’en sortir, avec de l’aide et de la volonté !

Les addictions aux drogues

De l’usage à la dépendance, il n’y a qu’un pas !

Face aux drogues, il existe trois types de comportements :

  • le simple usage, dans le cas où la consommation de drogue n'entraîne ni complication pour la santé ou la vie sociale, ni troubles du comportement ;
  • l’usage nocif (ou abus) qui met en danger la santé de la personne concernée, perturbe sa vie sociale et son comportement ;
  • la dépendance lorsqu’un individu n’arrive plus à se passer d'une prise de drogue, sous peine de souffrances physiques et/ou psychiques.

La dépendance, un mécanisme complexe

Le cerveau constitue la cible première des drogues. La plupart d’entre elles agissent sur la libération d'une substance particulière appelée « dopamine ». Présente naturellement dans notre cerveau, elle est impliquée dans le processus du plaisir. Lorsqu’elle est libérée en grande quantité, elle procure le sentiment que tout va bien, même si la réalité est différente ! La prise répétée de drogues modifie ainsi à terme la façon dont notre cerveau perçoit l'origine de ses plaisirs, entraînant chez certains une dépendance qui peut être psychique ou physique.

Tour d’horizon des principales drogues

Le cannabis, la drogue la plus courante

41,5% des jeunes de 17 ans l’ont déjà testé ! Le cannabis ou chanvre indien se présente sous différentes formes : la résine ou haschisch (barrette) qui se fume généralement avec du tabac dans un joint, l’herbe (marijuana, ganja, beuh…) et l’huile, assez rare en France et qui se consomme en général avec une pipe.
Si le cannabis procure souvent un sentiment de détente, il peut aussi entraîner un « bad trip » : tremblements, vomissements, impression d’étouffer, voire crise d’angoisse. De plus, il nuit à la perception visuelle et diminue les réflexes, d’où le risque accru d’accidents de la route. Les risques sur le long terme sont également importants : difficultés de concentration, échec scolaire, isolement social, insécurité, troubles psychiques pouvant parfois aller jusqu’à la « psychose cannabique » (bouffée délirante).

L’ecstasy, la drogue de la fête 

Très répandue dans le monde de la nuit, elle contient une molécule de la famille des amphétamines, la MDMA (méthylènedioxymétamphétamine). Elle est le plus souvent consommée sous la forme de comprimés dont le contenu est très aléatoire ! Dans la majorité des cas, ils contiennent d’autres substances que la MDMA et dans 7% des cas, ils n’en contiennent même pas ! Après 4 à 6 heures d’effets positifs, la « descente » s’amorce et se traduit par une dépression. La consommation d’ecstasy peut avoir des effets plus ou moins graves sur l’organisme : nausées, sueurs, maux de tête, déshydratation, élévation parfois mortelle de la température corporelle, troubles du rythme cardiaque. Elle peut aussi entraîner des troubles digestifs, neuropsychiatriques (angoisse, hallucinations), voire des pertes de connaissance. Enfin, le risque de dépendance psychique est réel.

L’héroïne, une drogue souvent fatale

Elle fait partie de la famille des opiacés et s’obtient par synthèse à partir de la morphine, le plus puissant antidouleur. Sous forme de poudre ou de granulés à écraser, elle se consomme de différentes façons : longtemps injectée par voie intraveineuse, elle peut aussi être sniffée ou fumée. Comme toutes les drogues, elle procure à court terme un plaisir intense, suivi d’une phase de somnolence avec parfois des nausées, des vertiges et un ralentissement du rythme cardiaque.
Le danger de l’héroïne est de tomber très vite dans la dépendance car le plaisir intense des premières fois s’atténue avec le temps et incite le consommateur à augmenter la quantité et la fréquence des prises. Le manque rend anxieux, agité. La dépendance à l’héroïne entraîne anorexie et insomnie. Enfin, l’héroïne peut être mortelle (« overdose ») dans le cas d’une consommation trop importante ou lors d’une reprise après une période de sevrage.

Le LSD, la « drogue des hippies »

Très consommée dans les années 60, le LSD est un hallucinogène très puissant qui se présente le plus souvent sous la forme d'un petit morceau de buvard imbibé, parfois d'une "micropointe" ou sous forme liquide. Ses effets durent en moyenne entre cinq et douze heures (hallucinations, perte du sens des réalités), mais on ressent parfois une sensation de malaise pendant plusieurs jours. L'expérience du LSD est très dangereuse (risque de « bad trip » avec des hallucinations cauchemardesques, des illusions délirantes ou d’autres perturbations psychiques).

La kétamine, un puissant anesthésiant

Utilisée en médecine, elle peut avoir des effets hallucinogènes. Elle se présente sous forme de poudre, de gélules ou de comprimés et est généralement « sniffée ». Ses effets sont très gênants : engourdissement, perte des notions de temps et d’espace, perte de sa sensibilité corporelle, sentiment de dissociation entre le corps et l'esprit. Ils peuvent être très graves en cas de consommation importante : troubles psychiques (angoisse, attaques de panique), dépressions respiratoires, pertes de conscience totale, voire coma.

La cocaïne, la drogue qui rend « accro »

Extraite à partir des feuilles de cocaïer, la cocaïne se présente généralement sous la forme d’une poudre blanche sans odeur. Elle peut être "sniffée", ("ligne de coke"), injectée par voie intraveineuse ou fumée, principalement sous forme de crack. A court terme, elle provoque un sentiment d’euphorie et de surpuissance, puis elle entraîne un état anxieux et dépressif. Les effets de la cocaïne sur l’organisme peuvent être graves : lésions sur la paroi du nez, troubles du rythme cardiaque, changements d'humeur, paranoïa, crises de panique, insomnies, etc. Elle rend très dépendant au plan psychique. Le danger vient aussi du fait qu’elle est parfois coupée ou mélangée à des substances potentiellement dangereuses.

Le crack, « parent pauvre de la coke »

C’est un dérivé de la cocaïne, appelé aussi « cocaïne base » ou « free base ». Il se compose d’un mélange de cocaïne, de bicarbonate de soude et/ou d'ammoniaque. Il se présente sous la forme de petits cailloux qu’on chauffe et dont on inhale la fumée. Cette opération entraîne des craquements qui donnent son nom à cette drogue.
Le crack a des effets plus intenses et plus brefs que la cocaïne. La phase de « descente » s’accompagne d’un état dépressif plus marqué. La consommation régulière de crack entraîne une forte dépendance psychique et a un terrible impact sur l’organisme : hallucinations, comportements violents, paranoïaques ou suicidaires, atteintes du cerveau, arrêts respiratoires et/ou cardiaques pouvant entraîner la mort…

Les amphétamines (speed), la drogue qui supprime faim et fatigue

Traditionnellement utilisées comme coupe-faim ou pour empêcher le sommeil, les amphétamines se présentent généralement sous forme de poudre à sniffer et parfois de comprimés ou de gélules. Elles donnent l’impression d’être surpuissant et suppriment la fatigue. Une consommation régulière crée un état d’épuisement puisque l’organisme se trouve privé de nourriture et de sommeil. Il existe un dérivé puissant et très dangereux de l'amphétamine : la métamphétamine (crystal, ice ou yaba).

Le GHB ou « drogue du violeur »

Traditionnellement utilisé comme anesthésiant en médecine, le GHB ou acide gamma hydro butyrique est une drogue que les consommateurs utilisent pour favoriser des relations sexuelles " forcées " : il peut en effet être versé à l’insu d’une personne dans une boisson, sans en changer le goût ni l’aspect. Sa consommation peut entraîner des vertiges, des nausées, des contractions musculaires ou des hallucinations. 

Champignons et plantes, une expérience inspirée du chamanisme

La consommation de certains champignons peut entraîner une forte modification des perceptions, voire des hallucinations. Près de 6% des garçons de 17/18 ans en ont déjà fait l’expérience. En revanche, la consommation régulière reste plus rare. La variété la plus connue des champignons hallucinogènes est la famille des psilocybes.
Ils ont des effets proches de ceux du LSD (euphorie et hallucination). Par ailleurs, ils sont tous vénéneux et présentent donc un risque toxique mortel.

Comment décrocher ?

Quelle que soit la drogue, il n’est jamais simple de s’en passer :

  • la dépendance rend l’arrêt douloureux au plan physique et psychique ;
  • le dialogue avec son entourage n’est pas toujours facile à engager ;
  • le risque de rechutes est fréquent.

Pour autant, en dépit de ces obstacles il ne faut pas se décourager. Deux solutions peuvent être utiles pour arrêter sa consommation :

  • la substitution qui concerne uniquement les drogues de la famille des opiacés (héroïne essentiellement). Elle consiste à diminuer lentement sa consommation en utilisant un produit de la même famille que la drogue, pour empêcher l’apparition des symptômes de manque ;
  • la cure de sevrage qui permet une prise en charge médicalisée gratuite et anonyme par l’intermédiaire d’un centre spécialisé de soins pour toxicomanes (CSST) ou d’un centre de cure ambulatoire en alcoologie (CCAA)..

Par ailleurs, de nombreux centres spécialisés en addictions sont présents sur toute la France et permettent de dialoguer avec des experts.

Les plateformes téléphoniques suivantes peuvent être des aides utiles :

 

• DROGUES INFO SERVICE
0 800 23 13 13 
Appel gratuit depuis un poste fixe. 
A partir d'un portable :
01 70 23 13 13 au prix d'une communication ordinaire.

 

• ECOUTE CANNABIS
0 811 91 20 20
 
Coût d'une communication locale depuis un poste fixe 
7j/7de 8h à 20h. 

 

• FIL SANTÉ JEUNES
0 800 235 236
 
Tous les jours de 8h à minuit, anonyme et gratuit 

 

• ECOUTE DOPAGE
0 800 15 2000 

Numéro Vert gratuit depuis un poste fixe, confidentiel et anonyme. Du lundi au vendredi de 10h à 20h. 

Gare à la contamination !

La prise d’héroïne par injection entraîne un risque d’infections locale (abcès), voire de contamination par le virus du sida (VIH) ou de l’hépatite C, lorsque les conditions d’hygiène ne sont pas respectées (partage des seringues notamment). De plus, quel que soit le mode de prise, la consommation d’héroïne peut favoriser les rapports sexuels non protégés, et donc augmente le risque de transmission du VIH/sida, de l’hépatite B et d’autres infections comme la syphilis. 

Internet, jeux : les nouvelles toxicomanies

De nouvelles formes de dépendances, moins visibles mais tout aussi dangereuses ont fait leur apparition au cours des dernières années : ce sont les « addictions sans produit » qui comprennent notamment l’addiction aux jeux ou à Internet.

Le jeu, plaisir ou danger ?

Si pour la grande majorité des joueurs, le jeu reste un plaisir contrôlé, pour 1 à 3% de la population il occupe une place centrale dans la vie, au détriment de tout le reste. On parle alors de « jeu pathologique », c’est-à-dire d’une dépendance qui entraine une forte souffrance et des perturbations dans la vie personnelle, familiale et sociale. 20 % des personnes concernées par l’addiction au jeu ont déjà fait une tentative de suicide et la même proportion a déjà commis un délit !
Jeux de hasard, jeux vidéo, jeux en ligne… Tous les jeux peuvent un jour ou l’autre mener à la dépendance. Les conséquences peuvent être lourdes : surendettement, appauvrissement, isolement social, tensions familiales, difficultés au plan scolaire ou professionnel, perte de sommeil…

La cyberdépendance ou quand Internet devient une drogue

Si elle est silencieuse, cette addiction est tout aussi redoutable que les autres. La cyberdépendance regroupe différentes formes de dépendance à l’outil informatique : la sexualité sur Internet, les achats compulsifs on-line, les échanges on line (forums, réseaux sociaux comme facebook et twitter). Cette addiction est souvent liée à une volonté inconsciente de combler un vide, de trouver une échappatoire à un monde réel frustrant. Le « cyber accro » est ainsi souvent quelqu’un d’isolé, d’anxieux, qui manque de reconnaissance et souffre d’un vide émotionnel.